De la presse papier à l’iPhone et bientôt à l’iPad, focus sur le magazine Saveurs
La presse papier, déjà bien bouleversée par une décennie d’internet, va peut-être trouver son salut dans la Mobilité via le terminal qui a été son déclencheur universel : l’iPhone. Et ils sont nombreux à le penser puisqu’en France, pas un quotidien qui n’ait son application, de LeMonde à Libération en passant par la Tribune. Un phénomène qui n’avait évidemment échappé à personne. De son coté la presse spécialisée a également embrayé le pas. Nouvelle audience, nouveaux revenus, nouveaux outils promotionnels, nous sommes allés recueillir le témoignage des spécialistes, en l’occurrence Sylvie Gendron la rédactrice en chef du magazine Saveurs [AppStore] et un spécialiste de l’accompagnement des acteurs du papier vers le numérique, Matthieu Moreau, de l’agence Netemedia. Et c’est parti pour quelques questions :

Applicationiphone.com : Comment décririez-vous le magazine Saveurs en moins de 8 mots ?
Sylvie Gendron : Un magazine de cuisine incontournable qui propose des recettes simples et raffinées.
Applicationiphone.com : Quelle a été le déclencheur de la réalisation d’une application iPhone du magazine Saveurs ?
Sylvie Gendron : Saveurs bénéficie d’une très forte notoriété auprès de ses fidèles lecteurs. L’objectif aujourd’hui est de séduire un autre lectorat, plus jeune, par le biais d’applications plus actuelles. L’application pour iPhone est pour nous une étape importante pour montrer notre dynamisme.
Applicationiphone.com : Que représente pour vous ce nouveau support de publication ? Un concurrent à la presse magazine ? Un outil pouvant être complémentaire au magazine ? Un terrain d’expérimentation ? Un moyen de faire découvrir le magazine à un nouveau public cible ? Offrir à vos lecteurs un outil qui réponde à leur besoin : retrouver facilement les recettes qui leur ont plu ?
Sylvie Gendron : Je ne considère pas l’application iPhone comme un concurrent du magazine. Au contraire, je pense plutôt qu’elle va jouer un rôle de levier et qu’elle va nous permettre de séduire un nouveau lectorat. Elle va attirer des « iPhonautes » séduits par la qualité de nos photos et de nos recettes. Un peu comme les blogs en quelque sorte qui participent beaucoup à la notoriété du magazine.
L’application est également un plus pour les lecteurs/abonnés qui conservent jalousement leurs Saveurs. Grâce à cette application, ils peuvent ainsi retrouver rapidement leurs recettes préférées. Si les ventes de l’application sont satisfaisantes, cela nous encouragera à en développer de nouvelles.
Pour compléter cette interview, je suis allé demander son avis sur la question à l’agence conseil de Saveurs, dirigée par un vétéran du web : Matthieu Moreau.
Matthieu Moreau : Accompagnant les éditeurs de presse magazine depuis 2003 dans leur stratégie internet, j’ai pu expérimenter plusieurs moyens de tisser des passerelles entre le magazine papier et le monde numérique : vente d’articles de presse à l’acte, abonnement en ligne, vente d’anciens numéros, newsletter, partenariat entre sites avec de la mise à disposition de contenus à forte valeur ajoutée, etc…
Aucun n’est pour le moment satisfaisant pour les deux parties : l’internaute et l’éditeur. Les solutions qui se développent en ce moment autour du livre numérique laissent présager un avenir incertain pour la presse magazine, et il est important que les éditeurs se lancent dans de nouveaux médias.
C’est dans cette optique que les Editions Hubert Burda et plus particulièrement le magazine Saveurs ont accepté l’idée de développer une application sur iPhone.
Il s’agit d’une première pour nous, comme pour beaucoup d’agence étant donné l’âge de la plate-forme, et nous avons du réapprendre à concevoir des interfaces, à intégrer la dimension tactile (ce qui nous a poussé à sortir une mise à jour pour consulter les recettes de manière aléatoire et au doigt) et essayer de penser « utilisateur de mobile ».
Le pari n’est pas encore totalement gagné car notre volonté par exemple d’intégrer l’ensemble des photos dans l’application provoque des complications (problème lors des mises à jour ou du téléchargement de l’application) auquel on n’avait pas forcément pensé. Ainsi un support client a du se mettre en place avec un retour inattendu : il semble que malgré les problèmes, le fait de pouvoir consulter ses recettes hors connexion plaise aux utilisateurs.
Cette première expérience même si elle se solde par un « demi-échec commercial » (les ventes ne décollant pas vraiment étant donné le peu de budget en communication dont nous disposons, surtout en comparaison à celui d’Axel Springer lors du lancement d’iGourmand [AppStore] par exemple) a permis à Netemedia de mieux connaître le marché, de se frotter aux rouages délicats de l’apple store du côté des coulisses et d’envisager de nouveaux projets avec d’autres partenaires bref du positif au final…
Et l’iPad dans tout ça ?
Voir dans iTunesMatthieu Moreau : L’annonce de l’arrivée de l’iPad sur le marché du livre électronique bouscule déjà les idées reçues et a le mérite de propulser ce nouveau média sur le devant de la scène grand public. Cependant je ne suis pas sûr que le terminal d’Apple soit le livre numérique tant attendu.
En effet Apple a choisi pour son écran celui d’un ordinateur (couleur et rétro éclairé) et n’utilise donc pas la technologie d’encre électronique. Et pour avoir pu tester un lecteur utilisant cette encre, la différence en terme de confort de lecture est sans appel. Sans parler de l’autonomie de chameau dont disposent les terminaux à base d’encre électronique (la couleur ne devant pas trop tarder à arriver et certains éditeurs imaginent déjà l’avenir).
Cependant en dehors de ces aspects technologiques la grande force d’Apple réside dans son écosystème (Un terminal / Un store), et qui appliqué à l’iPad peut amener des applications qui deviendront vite indispensable : une bande dessinée dont les pages se tournent au doigt et contenant de temps en temps des animations en flash (il faudra bien qu’Apple se décide à intégrer cette technologie un jour) ou encore un livre qui interagit avec ses lecteurs, un magazine dont on peut enfin conserver l’archive numérique non propriétaire (format ePub), etc…














Commentaires
Commentaires